Nous avons l’habitude de dire que notre système de santé est le meilleur du monde. Sans doute, au moins en partie, à la condition de veiller en permanence à son évolution en fonction des enjeux de notre époque.
Face aux évolutions sociétales (allongement de la vie, inversion démographique…), face aux progrès des sciences et des technologies, face aussi aux pandémies (grippe-aviaire, SIDA…) ou aux transformations écologiques majeures (réchauffement de la planète, pollutions diverses…), le citoyen refuse d’être considéré comme un simple usager-consommateur de soins, de médicaments. Il refuse la loi du silence ou de l’opacité sur les questions de santé publique (amiante, nucléaire…). Il revendique, à juste raison, le statut d’acteur d’une santé durable et responsable. Pour lui, comme pour vous à n’en pas douter, la santé est un « bien collectif », une exigence démocratique d’où la nécessité de réformer le système paritaire avec une présence plus affirmée du rôle de l’Etat et des usagers et de rechercher de nouveaux moyens au regard de l’accroissement des dépenses.
Les questions de santé ne sont plus l’apanage des spécialistes. Elles sont transversales à toutes les politiques sociales, environnementales, d’urbanisme et d’habitat, ou bien encore dans différents domaines tels que l’alimentaire, le monde du sport, la vie professionnelle et scolaire… A ce titre, l’idée d’un véritable ministère de la santé incluant la médecine du travail constitue un acte fort, une réelle volonté politique à la hauteur des besoins.
A l’occasion de la 6ème Université de Berder, il importe de réaffirmer notre volonté politique en ce domaine, de dire combien la place de la santé est essentielle dans un projet de territoire.
Nous avons voulu lors de cette journée aborder un certain nombre de priorités au regard des préoccupations locales. Bien entendu, nous aurions pu multiplier les ateliers, sur la question du suicide, des TMS, ce fléau qui frappe les travailleurs, la consommation d’alcool et autres addictions, traiter les effets des pollutions ou la paupérisation…
Le sujet est vaste. Cependant, je pense qu’au cours des ateliers et de la conférence de l’après-midi, les questions pourront s’ouvrir, et en même temps, se croiser. Pour ma part, je vous invite à venir nombreux pour penser une politique de santé de proximité, autour de deux acteurs incontournables, l’hôpital et la commune, pour une plus grande égalité territoriale en matière d’accès aux soins et de réseaux de compétences, pour un plus juste équilibre entre le préventif (moins de 5 % des dépenses de santé) et le curatif.
A l’issue de cette journée, nous enrichirons nos propositions pour 2007 et 2008.
Nicolas LE QUINTREC
Secrétaire fédéral en charge
de la Protection sociale, de la Santé et de l’Habitat
Secrétaire de la section de Vannes